Les hackathons, premier tremplin vers le succès

Copyright -Abdelsalam Safi, cofondateur du tech hub de N’Djamena Wenaklabs

Ampion Venture Bus, Space Apps Challenge, TEKKI 48, Startup Weekend… Derrière ces noms mystérieux se cache un seul et même type d’événements : les hackathons. Il semblerait de nos jours qu’il y ait autant de hackathons que d’entreprises et d’organisations internationales. L’Organisation Internationale de la Francophonie a ainsi organisé en juillet 2016 à Cotonou, au Bénin, le hackathon « Inventez les médias de demain », la Société Générale a organisé à Dakar en février 2016 son premier hackathon panafricain « Réinventons l’expérience client en agence », le StartupBUS Africa sillonne l’Afrique chaque année depuis 2013… A Dakar, le TEKKI48, la version locale du StartupWeekend qui est organisé par l’incubateur de startups local, le CTIC, rassemble chaque année des centaines de jeunes Sénégalais.

La liste est longue, le rituel est (presque) toujours le même. A Dakar, N’Djamena, Niamey, Abidjan ou Tunis, l’on retrouve la même ambiance au démarrage d’un hackathon : stress avant (et surtout pendant) les pitchs de présélection, formation des équipes autour de porteurs de projets fonceurs et persuadés de révolutionner le monde avec leurs solutions, première montée d’adrénaline et esprit de compétition…

L’objectif est aussi le même : définir un modèle économique autour d’un business model canvas, ainsi qu’un plan de trésorerie. Et si possible un premier prototype. Avec l’appui – sur 1 à 3 jours – de nombreux coachs. Cela avant la restitution et le pitch final devant un jury qui choisit les meilleurs projets, qui gagnent financement et accompagnement.

Comment comprendre cet engouement, et quel intérêt pour un jeune développeur ou porteur de projets de participer à ces manifestations ? Voici 3 bonnes raisons de participer à un hackathon en Afrique

#1 – Lever des fonds pour financer son projet et accéder à des programmes de mentoring et de coaching.

Vous êtes un jeune entrepreneur dans l’âme, vous ne manquez pas d’idées mais ne disposez pas de suffisamment de fonds propres pour les mettre en œuvre ? Participer à un hackathon peut vous donner accès aux financements nécessaires au développement de ces projets. A titre d’exemple, le premier prix du hackathon « Réinventons l’expérience en agence » de la Société Générale s’élevait à  8.000 euros, le second prix à 4.000 euros, et le troisième prix à 2.000 euros.

Sont souvent également associés à ces prix des programmes de mentoring et de coaching, ainsi que des formations essentielles à la bonne conduite de projets. Pour bâtir son entreprise, un jeune codeur peut ainsi avoir besoin de compétences en business ou en marketing ne faisant pas partie de sa formation initiale. « A titre personnel, en tant qu’étudiant en informatique, je n’avais initialement pas de compétences business. Les différents programmes de mentoring nous ont permis d’en acquérir. »  Islam Azeddine Mennouchi, fondateur de Dalil, application gagnante de Seedstars Algérie.

#2 – Gagner en visibilité et se faire repérer par les investisseurs ou des business angels

Les hackathons peuvent véritablement permettre de se faire repérer par de potentiels employeurs ou investisseurs. Chris Kouassi Cokson, directeur et co-fondateur togolais de Swyft, plateforme de mise en relation entre entrepreneurs et investisseurs en Afrique à l’origine de la tenue de plusieurs hackathons, affirme ainsi que « les hackathons permettent  de dénicher des pépites, d’évaluer non seulement les solutions proposées en un temps finalement restreint mais aussi les participants tant au niveau technique que créatif tout en se focalisant sur les propositions pouvant être transposées en services ou produits commercialisables. »

#3 – Développer son réseau et rencontrer d’éventuels associés

Véritables lieux d’échanges, les hackathons suscitent parfois de belles rencontres. Ils permettent aux jeunes entrepreneurs en herbe d’échanger sur leurs idées, et parfois même de rencontrer leurs futurs associés ou de véritables mentors.

« Le Hackathon AgriHack Talent a été une véritable source d’inspiration. Pendant une semaine, j’ai rencontré non seulement des étudiants entrepreneurs qui suivaient la même voie que moi, mais aussi des innovateurs confirmés ayant déjà à leur actif des réussites formidables et dont je souhaite suivre l’exemple. » Peris Bosire, originaire du Kenya et cofondatrice de FarmDrive, participante au hackathon de l’ICT4Ag, le « Tremplin digital de l’agriculture inclusive ».

Autant de bonnes raisons qui ne peuvent qu’inciter les jeunes entrepreneurs à s’inscrire au plus vite à un hackathon !