Comment trouver des opportunités entrepreneuriales avec les TICs ?

Épuisez votre stock via des réseaux sociaux virtuels
Plus que jamais, le modèle basé sur une boutique en dur semble obsolète. A travers le monde émergent, des boutiques naissent et fleurissent sans avoir de réponse à la question : « Où se trouve votre magasin ? ».
En effet, grâce aux réseaux sociaux, il est aujourd’hui possible de vendre l’intégralité de son stock, tant qu’on sait s’y prendre avec ces nouveaux outils de marketing qui comptent plusieurs centaines de millions d’utilisateurs en Afrique et au Moyen-Orient : « Je reçois des sacs de ma grande sœur qui vit en Chine tous les mois. Quinze jours avant le nouvel arrivage, je poste des photos des plus belles pièces sur Facebook. Cela marche si bien qu’il m’arrive parfois d’écouler tout mon stock avant même de l’avoir reçu » explique Michelle THIAM, cofondatrice de « Beautiful & Black ».

Des employés qui s’auto-rémunèrent tout en faisant grandir votre compagnie
L’économie du partage grandit de pair avec l’essor de la consommation des biens et des services via les technologies du numérique. Elle consiste avant tout à mettre en relation directe des particuliers en favorisant l’échange, la location ou la vente de biens, de services, d’informations et de connaissances, par le biais de plateformes web et mobiles. On parle de l’« ubérisation » de l’économie.
Ainsi, au lieu de laisser son véhicule au garage, pourquoi ne pas arrondir les fins de mois en faisant le taxi pendant les heures creuses (Uber) ? Une chambre libre ? Pourquoi ne pas la mettre en location pour des touristes de passage dans votre pays (AirBnB) ? Des vieux vêtements ? Pourquoi ne pas les mettre en vente ou en location (ExpatDakar) ?…
L’un des principaux intérêts de cette nouvelle mouvance est de faciliter la coopération directe des particuliers en promouvant l’usage de biens qui autrement seraient sous-exploités. Du point de vue de l’entrepreneur, elle permet d’employer beaucoup d’individus sans avoir besoin d’allonger les fiches de paie. Développez la plateforme, les utilisateurs s’occupent de la remplir de contenus !

Des centaines d’investisseurs pour votre entreprise sont à portée de clic
Obtenir un investissement reste l’une des tâches les plus complexes pour les entrepreneurs évoluant dans le monde émergent. Le financement participatif, crowdfunding en anglais, redistribue les cartes !
Auparavant, pour lever des fonds, il fallait avoir les bonnes adresses, les bons contacts, l’idée géniale, l’expérience du marché… Désormais, via des plateformes comme IndieGogo.com, Kickstarter.com, KissKissBankBank.com, Ulule.com ou VC4Africa, des entrepreneurs récoltent de petits montants de plusieurs centaines de personnes.
Le crowdfunding a permis à des milliers d’entrepreneurs armés d’un concept innovant et d’une stratégie de communication bien ficelée de lever des sommes conséquentes pour mener leurs projets à bon port.

Une révolution accompagnée par des incubateurs et des accélérateurs
Au Kenya, par exemple, l’incubateur iHub a permis à des entreprises du numérique de lever des centaines de millions de Fcfa pour réinventer leur économie. Au Sénégal, les incubateurs et espaces de coworking comme CTICDakar ou Jokkolabs se proposent d’être les catalyseurs de cette nouvelle dynamique. Au Rwanda, un pôle technologique pour les entreprises informatiques (Klab) a vu le jour et le gouvernement a décidé d’injecter pas moins de 100 millions de dollars dans les TIC. En Côte d’Ivoire, Orange a lancé Orange Fab pour accompagner les projets les plus méritants…

Où va-t-on ?
Netflix réinvente la location de vidéo, AirBnb réinvente le tourisme, le coworking redéfinit les espaces de travail et de dialogue social, les MOOC ringardisent l’école traditionnelle, etc. L’Afrique et le Moyen-Orient, face à ces changements, suivent de près la marche du monde. Des entreprises plus innovantes les unes que les autres sortent leur épingle du jeu et offrent de nouveaux services aux populations du monde émergent.
Parmi les plus en vue, on peut citer AfriMarket (qui permet à des Africains de la diaspora de payer pour les emplettes de leurs proches à distance, économisant ainsi des frais de transfert d’argent), Orange Money (un service de banque mobile qui est plus utilisé en Côte d’Ivoire qu’aucun service équivalent aux États-Unis, en pourcentage de la population) ou encore iRokoTV (qui secoue l’industrie africaine du cinéma en offrant aux populations du continent des films Made in Africa à la demande).
La capacité des habitants de nos régions à adopter rapidement de nouveaux services utilisant les téléphones mobiles est un avantage comparatif que les entrepreneurs peuvent exploiter ! La révolution du numérique ne fait que commencer et elle n’a pas fini de créer des ruptures…