L'autofinancement ou 'bootstrapping': que faut-il savoir ?

Qu’est-ce que le bootstrapping?
En Afrique et au Moyen-Orient, les jeunes entrepreneurs se débrouillent souvent avec leurs propres fonds, les financements et l’accompagnement faisant parfois défaut. Le bootstrapping désigne cet art de la débrouille, cette façon de se prendre en charge et de parvenir à monter un business sans l’aide d’un investisseur. Ne pas attendre d’avoir un financement pour se lancer et utiliser les gains générés par son activité pour se développer en sont les deux maîtres mots. Cette pratique responsabilise l’entrepreneur. Il sait qu’il ne peut compter que sur lui-même, ce qui l’amène à être économe et à redoubler d’efforts dans le travail pour rentabiliser son investissement. Il est aussi plus créatif, plus imaginatif, cherchant des solutions de rechange pour combler la différence entre son capital et son besoin. L’état d’esprit consiste à faire de grandes choses avec peu de moyens.
Outre le chiffre d’affaires à générer nécessairement pour pouvoir continuer à s’autofinancer, le financement de l’activité principale par une activité secondaire est un moyen parfois utilisé. C’est ce qu’on appelle un « side project ».

Les avantages du bootstrapping
Un investisseur, parce qu’il engage ses fonds, peut avoir tendance à faire valoir ses vues dans les orientations de l’entreprise. L’autofinancement offre la maîtrise de son business de bout en bout. Ne pas devoir rendre compte à une tierce partie confère autonomie de gestion et liberté d’innover. Cette liberté ne doit pas faire perdre de vue l’exigence de résultats au départ pour pouvoir continuer à s’autofinancer. Adopter la stratégie marketing et commerciale du moindre risque dans un premier temps permet d’attendre d’avoir les reins assez solides en termes de sécurité financière pour tenter des innovations.

L’atout communication
Les bootstrappers négligent souvent le volet communication de leur business. Par manque de moyens et désir de rigueur budgétaire, ils accordent une faible priorité aux dépenses de communication. Or celle-ci permet à une jeune startup d’acquérir une notoriété et d’exister face à la concurrence. Il faut donc apprendre à donner à son produit une image de qualité en engageant peu d’argent à cet effet. Pour cela, il faut tester des stratégies de communication innovantes. Associer la perception de son produit à un travail de marque et un storytelling fondé sur son parcours individuel, par exemple, peut permettre d’attirer une certaine clientèle pour laquelle le produit en question bénéficie d’une approche non industrielle.