SiliconVilla, une fabrique de start-up au cœur de Lomé

En cinq ans, #SiliconVilla, la fabrique à business by WoeLab, a fait émerger une douzaine de start-ups. Cette pépinière possède un modèle unique basé sur l’éthique des Communs (Wikipédia) et est à la fois un amorceur et un incubateur de jeunes pousses.

Tous les porteurs de projets rêvent de pouvoir recycler des déchets électroniques ou plastiques, partager des connaissances avec la population sur les objets connectés. Plusieurs cleantech s’en approchent, ceci en plein cœur de Lomé.

Pour découvrir ces business originaux, il faut rejoindre le quartier Abové et franchir une porte métallique noire, rue Klala. Derrière se dresse une grande villa blanche; bienvenue à la #SiliconVilla, le programme startup de WoeLab Zero! Industrie à idées disruptives, WoeLab Zéro est le plus grand tech-hub de la sous-région avec 600 m² et 3 niveaux de travail. Au rez, on peut trouver les services administratifs ainsi que les équipes de douze jeunes pousses. Plus haut, le premier étage abrite les quartiers de L’Africaine d’architecture, association propriétaire du projet. Sénamé Agbodjinou y travaille et y vit. Enfin, un roof-top accueille toutes activités fablab et les gros événements.

Une colonie de jeunes startupers aux profils très diversifiés et ayant en moyenne 19 ans s’y activent constamment avec sourire et détermination, ils y forment une communauté occupée à la réalisation de très grandes ambitions. Une équipe jeune et dynamique, oui mais pas que. Tous les acteurs de cette société ont des profils particuliers, des parcours atypiques que l’appartenance à la communauté tend à redresser.

Parmi eux, Adjovi, 19 ans. Une grossesse contractée à 18 ans l’empêche de s’inscrire à l’Université. Dans le milieu où elle évolue, cela signe une fin en soi, une déception et un frein à son progrès personnel. Elle refuse cependant de baisser les bras et le concours du lab francophone lui permettra de découvrir WoeLab. Aujourd’hui, elle s’est reprise en main et peut même se targuer d’être une boursière du lab. Elle y pilote notamment un projet venant en aide aux enfants de la rue tout en vulgarisant les nouvelles technologies, TechContainers. Adjovi compte reprendre ses études dès que son enfant sera un peu plus âgé.

Autre membre de la communauté, Akim. Son grand sourire réussit à cacher les réalités de son milieu de provenance. En effet, ce jeune homme de 22 ans s’est lancé le pari de réussir à sortir de son ghetto natal, à la seule force de son travail. Après une brève formation en droit, il décide de se consacrer à l’infographie et relève le pari haut la main, s’instruisant en autodidacte. C’est cette compétence qui lui vaudra d’intégrer au WoeLab l’équipe de Glow-D, start-up qui recense et mappe les points d’eau à la surface du globe. Sa curiosité sera alors dirigée vers l’informatique, d’où il compte s’inscrire en développement d’applications à la rentrée prochaine.

Tadjou, 25 ans, possède une licence en marketing. Après ses études, il lance sa petite entreprise de production de chaussures artisanales. Hélas, les difficultés du milieu le contraindront à fermer boutique. De là, il entre au WoeLab et intègre une start-up qui s’occupe de recycler les déchets plastiques. Scope représente pour lui aujourd’hui un tremplin pour remonter sa propre unité de production et éventuellement (pourquoi pas?) se faire incuber au lab. Il est du reste, comme tous les membres de cette communauté, un porteur de rêves.

Porter des rêves certes, mais encore faut-il arriver à les faire aboutir. Parmi ceux qui y sont parvenus, Urbanattic. Cette start-up possède une plateforme web, cerveau d’un réseau de “Greniers de ville” (chacun adossé à une cuisine partagée) pour la production et le développement du réflexe de consommation de cultures biologiques issues de la valorisation d’espaces disponibles dans le périmètre des dits greniers. Chaque grenier rend ainsi visible son stock dont la gestion devient interactive sur la plateforme en ligne. Vous pouvez créer un profil pour y acheter votre panier bio, proposer votre terrain à exploiter, offrir votre disponibilité et force de travail pour la mise en valeur des potagers, “partager” votre recette, réserver pour votre entreprise ou école la cuisine collaborative, vous y abonner pour vos pauses déjeuner ou encore vous inscrire au prochain Foodathon.

 

Pour son fondateur Sénamé Koffi Agbodjinou, la #SiliconVilla/WoeLab -beaucoup plus connu pour avoir crée la Wafate première imprimante 3D africaine- est surtout un espace de “Démocratie Technologique” ouvert à tous et dont l’objectif est de rendre égal tout le monde face à la révolution digitale. Dans cette éthique, l’ensemble du matériel et des services dont disposent les membres de la communauté sont entièrement gratuits. Le lab reste également ouvert à toute personne désireuse de participer à ses ateliers de fabrication et de formation, tout ceci dans l’esprit #LowHighTech qui régit les lieux.

Autre particularité, chaque membre de la communauté est co-sociétaire du groupe #SiliconVillage. Chacun des projets est ainsi porté non par un individu en particulier, mais par l’ensemble de la communauté. Cet aspect recouvre ici deux sens; d’un côté, c’est toute la communauté qui se met au service de chaque start-up en fonction de ses compétences et sa disponibilité. Et de l’autre, chaque start-up est au service des autres, dans un écosystème économique interne total qui assure une autosuffisance de départ. Les premiers contrats sont ainsi décrochés, l’expérience et la maturité entrepreneuriale acquises. C’est ce qui a été baptisé “la centralité”.

Un deuxième #SiliconVilla est lancé avec l’ouverture de WoeLab Prime… un pas de plus vers les ambitions de la réalisation du Groupe #SiliconVillage.