Grégoire Landel de CityTaps: "J'ai commencé par le problème, plutôt que par la solution"

Grégoire Landel, porteur du projet CityTaps, 2e prix du Prix Orange de l’Entrepreneur Social Afrique et Moyen-Orient, revient sur son parcours et sa démarche d’entrepreneur social.

Entrepreneur Club – Comment vous est venue l’idée de créer votre projet de start-up ?
Grégoire Landel – J’ai travaillé et vécu en Ouganda, en Côte d’Ivoire et dans d’autres pays d’Afrique. J’ai observé les difficultés que rencontrent les personnes sans accès à l’eau courante, en perte de temps, d’argent et en problèmes de santé. Les femmes et les filles sont les plus affectées par cette corvée. J’ai aussi conseillé plusieurs opérateurs d’eau, en Afrique et ailleurs, sur leur stratégie de développement, avec un constat récurrent: l’argent fait défaut aux opérateurs pour offrir un service d’eau de qualité à tous les urbains. J’ai donc décidé de créer CityTaps car, en tant qu’ingénieur humaniste et féministe, je veux consacrer mon énergie et mon savoir-faire à résoudre ce problème et permettre à tous les urbains d’accéder à l’eau courante à domicile.

Pouvez-vous nous décrire en quelques mots votre projet et son principal bénéfice ?
Notre projet est de permettre à tous les urbains d’accéder à l’eau courante chez eux en créant des partenariats avec des opérateurs d’eau. Les bénéfices sont nombreux : pour les urbains les plus défavorisés, ils réalisent un gain en temps et en argent ainsi qu’une amélioration de leur santé. Les abonnés actuels des opérateurs peuvent prépayer le service de l’eau facilement et sans surprises, en accord avec leurs revenus. Les opérateurs deviennent plus efficients et capables d’étendre leurs réseaux et servir une population urbaine en croissance constante.

 

Alanna Pardee, responsable communication, reçoit le prix pour CityTaps

 

Selon vous, en quoi votre projet incarne une démarche originale d’entrepreneuriat social en Afrique ?
CityTaps travaille différemment. Nous souhaitons créer des partenariats avec les opérateurs d’eau afin de contribuer, avec eux, à révolutionner un système qui ne parvient pas à servir tout le monde aujourd’hui. Au lieu de créer des solutions décentralisées, comme c’est fréquent dans l’électricité, nous faisons le pari d’une solution à l’échelle urbaine – en nous appuyant sur des opérateurs experts en leur domaine. Nous visons des solutions pérennes, et donc sociales, afin que chaque urbain puisse bénéficier d’un accès à l’eau à domicile, à un coût réglementé, et dans les conditions sanitaires les meilleures possibles. L’accès à l’eau courante et propre est la fondation d’une vie saine, productive et heureuse.

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui veut se lancer dans un projet ?
Je ne suis pas certain d’être totalement légitime pour donner des conseils à quiconque – je ne peux que partager ce qui a marché pour moi jusqu’ici. A titre personnel, je suis animé par une vision claire et optimiste qui me fait me lever chaque matin. C’est pour moi essentiel. Pour CityTaps, j’ai commencé par le problème, plutôt que par la solution, qui s’est imposée en considérant le problème de plusieurs manières différentes. Aucun problème n’est trop grand, ni trop difficile à résoudre à condition de croire en soi-même et de rejeter les carcans parfois injustes ou inhibants qu’imposent le regard des autres ou sa propre autocensure. Je trouve également nécessaire m’entourer de personnes qui peuvent me poser des questions – me forcer à me remettre en question – et me motiver chaque jour. Je suis persuadé que le monde est changé par les personnes qui avancent ensemble vers le même objectif.

Retrouvez le pitch vidéo de CityTaps sur Orange Start-up.